Notre intervention a consisté à faire du fort le sol commun du projet, et non son décor. Nous avons construit un dispositif en trois registres, qui répondent à trois échelles de lecture, celle du site, celle du quartier, celle du seuil.
Le film suit une famille le jour de son emménagement. Les cartons, la clé, la première traversée du parc, les enfants qui découvrent les arcades avant même d’avoir vu leur chambre. Une journée ordinaire, mais la première : celle où un lieu devient le vôtre. Les images, elles, travaillent les usages du dehors, les casemates réinvesties, les terrasses sous les voûtes, le chemin pavé à l’heure où le quartier se remplit, les tables installées le long des arches. Ce qui se passe entre les bâtiments compte autant que ce qui s’y construit.
Les vues intérieures ferment la séquence sur l’échelle la plus intime. La lumière qui entre par les loggias, la matière du bois et de la pierre, le fort que l’on aperçoit depuis son salon un dimanche matin. Trois registres, une seule intention : montrer que l’on habite un endroit avant d’habiter un logement.